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Un littoral façonné pour la collecte du sel

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeLe  contour et les formes du littoral de la Charente-Maritime sont la résultante de l’activité de sociétés successives de la préhistoire à nos jours. La côte est très découpée avec de nombreuses falaises, îles, presqu’îles, golfes, baies qui ont permis le développement d’activités humaines intenses.

Les marais salants ou salines sur l'Ile de RéAinsi le littoral fut extrêmement mouvant et cela fut accentué par la sédimentation provenant des marées, des assauts de l’océan et des flux et reflux des fleuves (La Charente, La Seudre et La Sèvre niortaise). Le comblement par des sédiments d’anciennes zones maritimes a permis la création de marais maritimes : Les Marais Poitevin, de Rochefort, de La Rochelle, de Ré, d’Oléron, de Brouage et de la Seudre.

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeLe marais devient rapidement une zone d’activité intense couplant des ressources biologiques et énergétiques. Des pêcheries, des près, des terres cultivées et des moulins à marée se développèrent. L’une des activités la plus importante était l’exploitation du sel par les sauniers (les paysans du sel ou saliculteurs) à partir de la période gauloise.

Historiquement…

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeLes marais salants ou salines en Charente-MaritimeDepuis le milieu du Moyen Age, les méthodes salicoles qui permettent de collecter le sel, se basent tout simplement sur l’évaporation de l’eau de mer sous l’action continue du soleil et du vent. En général, le processus d’évaporation ce fait dans trois bassins successifs : au départ, le bassin de réservoir (vasais), puis le bassin d’évaporation (conches), et enfin le bassin de récolte (champs de marais). Le saunier, muni, entre autre d’un simoussi, planchette fixée sur une longue perche, brasse l’eau afin d’activer la cristallisation du sel.

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeAu début du 17ème siècle, alors que la surface totale des marais salants s’était réduite depuis le Moyen Age, la production de sel et son commerce restaient importants dans l’économie de la région. A cette époque, l’envasement de Brouage vit la réduction de la moitié des salines. Alors qu’à l’inverse, les salines de l’Ile de Ré se développèrent remarquablement, représentant au début du 18ème le cinquième de la production totale de France, grâce à la création de nouveaux marais gagnés sur la mer.

Le voyageur de passage était, en général, subjugué par la transformation du paysage, l’étendue des salines à perte de vue, la richesse des bourgs avoisinants et le nombre d’habitants associés à cette activité. Malgré cette prospérité, le métier de saunier était rude et pénible. Ainsi les saliculteurs combinaient souvent une deuxième activité, en général l’ostréiculture. En effet ils élevaient des huîtres dans les réservoirs submersibles des chenaux desservants les salines.

Le sel avait une place stratégique dans économie

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeLe sel avait une place importante dans l’activité économie et était exporté dans toute l’Europe. De plus il faisait l'objet d'un monopole royal. Il était entreposé dans des greniers à sel, où la population l'achetait taxé en petite quantité. La gabelle était un impôt qui représentait environ 6% des revenus royaux. Le sel fut longtemps le seul moyen de conserver les aliments et était donc un élément stratégique. Les flottilles de pêche l’utilisaient énormément pour la conservation du poisson. Le sel était également un composant nutritif indispensable pour le bétail.

Avant et après le chemin de fer et les répercutions sur la vie du saunier

Les marais salants ou salines en Charente-MaritimeLes marais salants ou salines en Charente-MaritimeAvant les chemins de fer, le transport du sel s’accomplissait par voie maritime. Depuis le marais salant, dans les chenaux, avec des bateaux de faible tonnage et de faible tirant d’eau qui transbordaient leurs cargaisons de sel sur des navires de plus en plus importants en tonnage, en destination de toute l’Europe.

Mais le chemin de fer et la chute des prix du sel vont bouleverser cette activité. En effet les importations vont se développer massivement en faveur des salicultures de l’Est et de la Méditerranée. De 1866 à 1886, en seulement deux décennies, la production de sel a perdu les 2/3 de sa valeur. De plus la vie du saunier était misérable, ils se nourrissaient essentiellement « de coquillages et de pain noir ». Et ils n’étaient pas propriétaires de leurs marais salants. En général ils les louaient à des bourgeois Bordelais, Rochelais, Poitevin ou Saintongeais. Toutes ces causes poussèrent les enfants de sauniers à émigrer vers d’autres régions, ou les obligèrent à apprendre de nouveaux métiers (gendarme, fonctionnaire, douanier, …curé !)

Au début du 20ème siècle, les sauniers qui eurent les moyens d’acheter leurs marais, s’organisèrent en comité afin de résister à la crise du sel en Charente-Maritime. Mais le déclin était inéluctable, ainsi la production des salines d’Aunis et de Saintonge fut divisée par 5 en vingt ans, passant de 66500 tonnes en 1906 à 12500 tonnes en 1926.

Actuellement en Charente-Maritime

De nos jours, seuls les marais de l’Ile de Ré (Loix et Ars) connaissent un regain d’activité. Pour ces sauniers, le marais salant n’est qu’un revenu complémentaire. En effet, à côté les bassins salubres sont utilisés pour la pisciculture et les claires ostréicoles.

La Ferme Aquacole sur l’Ile Madame a réhabilité quelques salines, et l’Ile de Ré a son Ecomusée, situé à Loix, sur le site singulier de la prise de la Lasse. L’Ecomusée du Marais Salant propose toute l’année la découverte des marais salants rétais.

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